Réponse courte : l'auto-calibration peut corriger la dérive quand un moniteur rencontre régulièrement une référence connue d'air frais. Si ce n'est jamais le cas, la même fonction peut enseigner une mauvaise référence au capteur et faire paraître les concentrations intérieures plus faibles qu'elles ne le sont.
Un capteur CO₂ avec auto-calibration ne se compare pas continuellement à un gaz de laboratoire ou à un capteur extérieur de référence. Il repose sur une hypothèse tirée de son propre historique de mesures. La fonction n'est fiable que si cette hypothèse l'est aussi.
Les fabricants parlent notamment d'auto-calibration (ASC) et de correction automatique de la ligne de base (ABC). L'algorithme exact varie selon le capteur, mais une méthode courante cherche la plus faible concentration observée pendant une période définie et considère ce minimum comme une concentration de fond connue.
Pour le Sensirion SCD30, l'ASC suppose que la plus faible concentration régulièrement observée vaut 400 ppm. La documentation actuelle du SCD4x décrit une hypothèse semblable par défaut : pendant ses mesures, le capteur doit rencontrer de l'air extérieur frais à 400 ppm pendant plus de trois minutes après chaque semaine cumulée de fonctionnement. Le module utilise ensuite son historique pour ajuster sa courbe de calibration.
Cette méthode peut compenser une dérive graduelle. Elle ne peut pas prouver de façon indépendante que la pièce a réellement atteint 400 ppm.
L'ASC est une option raisonnable quand l'installation respecte de façon fiable les conditions du fabricant. Un moniteur alimenté en continu dans un bâtiment bien ventilé peut voir les locaux se vider la nuit, recevoir assez d'air extérieur et revenir régulièrement près du niveau de fond configuré.
Dans ce cas, le minimum historique représente assez bien l'air frais. La correction automatique peut préserver la stabilité à long terme avec peu d'intervention. Sensirion donne précisément comme exemple pour le SCD30 un bâtiment bien ventilé et inoccupé pendant la nuit.
Le simple fait d'être à l'intérieur n'est pas le problème. Le risque vient d'un espace qui n'atteint jamais la référence supposée. Une chambre, une classe, un bureau, un établissement de soins, un sous-sol, une serre ou une pièce occupée en continu peut demeurer au-dessus du niveau extérieur même au moment le plus calme. Les fenêtres fermées, la ventilation à la demande, les occupants voisins, les sources de combustion et la recirculation du bâtiment peuvent tous maintenir un minimum élevé.
Imaginons que la plus faible concentration réelle observée soit de 750 ppm, mais que l'algorithme suppose que ce minimum vaut 400 ppm. Aucune référence indépendante ne lui indique que les 750 ppm sont réels. Il peut interpréter l'écart comme une dérive du capteur et corriger les lectures vers le bas. Cet exemple illustre le sens de l'erreur; le moment et l'ampleur d'une correction réelle dépendent de l'algorithme et de ses protections.
| Installation | Minimum récurrent de CO₂ | L'hypothèse de 400 ppm est-elle crédible? |
|---|---|---|
| Bâtiment vide et bien ventilé la nuit | S'approche régulièrement du niveau extérieur | Possiblement, si toutes les conditions du fabricant sont respectées |
| Chambre occupée avec fenêtres fermées | Peut rester élevé toute la nuit | Non |
| Classe ou bureau peu ventilé hors des heures d'occupation | Peut ne pas revenir au niveau extérieur | Ne le supposez pas; vérifiez-le d'abord |
| Moniteur portable déplacé entre plusieurs lieux | L'historique peut ne pas représenter un environnement stable | Souvent peu fiable comme hypothèse permanente |
L'erreur est particulièrement trompeuse parce qu'une valeur basse mais plausible ne ressemble pas nécessairement à une panne. Elle peut inspirer confiance précisément au moment où il faudrait mieux ventiler.
Tous les moniteurs VisiblAir qui mesurent le CO₂ sont configurés avec l'auto-calibration désactivée. Ils peuvent passer des mois ou des années dans des chambres, classes, bureaux, ateliers, milieux de soins et autres espaces où un retour régulier à 400 ppm n'est pas garanti. Nous ne voulons pas que la valeur la plus basse d'un déploiement inconnu redéfinisse silencieusement ce que signifie « air frais ».
Il s'agit d'un choix de produit, et non d'une affirmation que l'ASC est défectueuse. Les produits CO₂ VisiblAir actuels utilisent des modules Sensirion SCD30 ou SCD41 selon le modèle et la révision matérielle. La fonction du SCD30 demeure désactivée ou est explicitement mise hors fonction, et la configuration du SCD41 est explicitement enregistrée avec l'ASC désactivée. Le résultat est le même pour toute la gamme : la calibration ne change qu'au cours d'une procédure intentionnelle avec une référence indiquée.
Cette approche facilite l'interprétation des données à long terme. Une correction devient un événement d'entretien volontaire plutôt qu'une réaction invisible aux habitudes d'occupation. Elle offre aussi un réglage prévisible pour les installations fixes, portables, intérieures et extérieures optionnelles.
Désactiver l'ASC empêche une hypothèse invalide sur le minimum historique de modifier automatiquement la calibration. Cela n'empêche pas la dérive physique, n'annule pas les effets d'une manipulation brutale, ne compense pas tous les effets de pression ou de placement et ne transforme pas un moniteur abordable en référence de laboratoire.
VisiblAir recommande de vérifier la calibration du CO₂ tous les 6 à 9 mois, ainsi qu'après une chute, un choc, un transport brutal ou un écart persistant par rapport à une référence fiable. Une courte lecture extérieure est une vérification pratique et non une calibration traçable. Ne recalibrez qu'avec une référence valide et dans des conditions stables.
| Méthode | Origine de la référence | Risque principal |
|---|---|---|
| Auto-calibration | Le capteur déduit une ligne de base de son historique | L'environnement peut ne jamais atteindre la cible supposée |
| Recalibration forcée | Un utilisateur ou le système fournit une concentration connue | Une mauvaise référence déplace volontairement la calibration |
| Vérification | Le moniteur est comparé à l'air extérieur attendu ou à une référence fiable | Un contrôle trop court ou mal maîtrisé peut être trompeur |
| Calibration en usine | Le fabricant utilise de l'équipement et des gaz contrôlés en production | La manipulation et la dérive à long terme peuvent ensuite affecter la précision |
Pour mieux choisir un capteur, consultez aussi la comparaison des capteurs CO₂ NDIR, double faisceau et photoacoustiques.